Pompon porte-clef à franges en cuir couleur gris Atlas

Bleu de l’infini et de l’évasion, bleu de la tradition ou bleu qui protège du mauvais oeil, tous les bleus sont au Maroc. L’or bleu, nourricier, de la mer et de l’océan s’étale sur 3600 km de côtes. À l’intérieur des terres, seul le bleu des lacs vient colorer les immenses étendues de roches et de sable et y apporte la vie.

Quelquefois, c’est l’homme qui dessine un désert plus enchanteur, comme dans l’Anti-Atlas, où un artiste a créé en altitude une oeuvre bleue monumentale dans un paysage lunaire de granit sombre. Un autre artiste, le peintre Majorelle, a laissé son nom au bleu éclatant qui orne sa villa et son jardin extraordinaire au coeur de la ville rouge, Marrakech.

Au Maroc, le bleu fait partie de la tradition millénaire d’un artisanat qui étonne par sa richesse. Le bleu de Fès, tiré d’un minerai, est l’un des symboles de la plus ancienne médina du monde : les zelliges bleus, petites pièces taillées à la main viennent agrémenter les fontaines, les édifices et les palais ancestraux.
Dans le nord, la ville de Chefchaouen, surnommée « la perle bleue du Maroc » voit les ruelles et les maisons de sa médina entièrement recouvertes d’un bleu indigo qui, à l’origine, servait à éloigner les mauvais esprits. À Taroudant c’est de bleu que se vêtent les femmes traditionnelles du groupe des Roudaniates : de maison en maison, elles apportent la fête et célèbrent la vie.

Jacques Majorelle
En 1919 le peintre français Jacques Majorelle (1886-1962) (fils du célèbre ébéniste artiste décorateur art nouveau Louis Majorelle de Nancy) s'installe dans la médina de Marrakech (durant le protectorat français au Maroc) dont il tombe amoureux.
En 1922 il achète une palmeraie en bordure de celle de Marrakech, au nord-ouest de la médina, et à partir de l'été 1929, il fait construire par les architectes R. Poisson et P. Sinoir une villa-atelier dans un style architecture mauresque / art déco d’une étonnante modernité, inspirée de l'architecte Le Corbusier. Il y aménage son habitation principale au premier étage et un vaste atelier d'artiste au rez-de-chaussée pour peindre ses immenses décors.

Amoureux de botanique, il crée son jardin botanique inspiré de jardin islamique avec la luxuriance d'un jardin tropical autour de sa villa, « un jardin impressionniste », « une cathédrale de formes et de couleurs », structuré autour d'un long bassin central, avec plusieurs ambiances variées, où se nichent des centaines d’oiseaux. Ce jardin est une œuvre d'art vivante en mouvement, composé de plantes exotiques et d'espèces rares qu'il rapporte de ses voyages dans le monde entier : cactus, yuccas, nénuphars, lotus, nymphéas, jasmins, bougainvillées, palmiers, cocotiers, bananiers, bambous, caroubiers, agaves, cyprès ... et orné de fontaines, bassins, jets d'eau, jarres en céramique, allées, pergolas ...

En 1937 l'artiste crée le bleu Majorelle, un bleu outremer / cobalt à la fois intense et clair dont il peint les murs de sa villa, puis tout le jardin pour en faire un tableau vivant qu'il ouvre au public en 1947.

À la suite d'un accident de voiture, Majorelle est rapatrié à Paris où il disparaît en 1962. Le jardin est alors laissé à l'abandon durant plusieurs années.


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